Qu’est-ce qu’une phobie ? Est-ce une vraie peur ou une peur que l’on s’invente ? Est-ce la peur d’avoir peur ? Est-ce que la réalité est trop forte pour certaines personnes ? Nous sommes d’avis qu’une personne adulte vit sans phobie sinon elle s’honore d’un titre usurpé. Lubie ou phobie ? Il y a une nette distinction entre les deux. Une lubie est une idée extravagante parfois déraisonnable mais plutôt épisodique. Elle est synonyme d’un caprice ou d’une fantaisie. Le mot phobie provient du grec: phobos signifie “peur, frayeur”. Contrairement à la lubie, la phobie est une anomalie mentale constante. Elle exprime une aversion instinctive. C’est une peur excessive qui a son origine dans une série complexe de situations et de rapports qui conduit à une hostilité irraisonnée, à une agressivité refoulée ou à un sentiment de culpabilité très intense caractérisée par une réaction d’angoisse ou une répulsion devant un objet, une personne ou une situation déterminée. Les superstitions populaires font de l'araignée un symbole variable. Beaucoup de gens détruisent les araignées parce qu'ils les trouvent déplaisantes ou laides. D'autres copient leurs formes pour en faire des bijoux. Avec la pieuvre et le chat noir, l'araignée offre une parfaite représentation de l'angoisse diabolique. La phobie est plus douloureuse que la peur raisonnable. Elle mobilise l’énergie de la personne contre un ennemi qui se situe dans l’imaginaire et que la personne ne peut pas identifier. On peut la comparer à des virus informatiques dans notre ordinateur personnel, le cerveau. Ces virus informatiques qui vous compliquent tellement la vie sont bien embusqués, invisibles, cachés dans la programmation et ils peuvent causer bien des dommages. L’ordinateur se comporte alors de façon erratique, ne répond plus à vos commandes et réagit à l’encontre de toute logique. Il est hors contrôle. La phobie agit comme un virus informatique qui peut affecter gravement le quotidien d’une personne. En état de panique la personne peut ressentir l’anxiété, la peur panique, une détresse extrême, un état dépressif ou un grande agressivité généralement accompagné de malaises physiques de toutes sortes comme des crampes d’estomac, des étourdissements, des maux de coeur, des palpitations cardiaques, des sueurs chaudes ou froides et autres symptômes désagréables. Est-ce qu'on peut attraper les phobies de nos parents ? Il ne s’agit pas d’une maladie transférable mais d’une attitude parfois copiée de nos parents. Par exemple, il y a des enfants qui ont une phobie de circuler en automobile alors qu’il ne leur est rien arrivé au préalable et des adultes qui, suite à un accident seront paniqués juste à l’idée de monter en voiture. Ces deux exemples démontrent que la phobie peut avoir différentes origines. Vraie ou fausse peur ? Vraie ou fausse qu’importe lorsque la sensation de peur que l’on ressent est telle que nous fuyons à toutes jambes, que nous perdons tous nos moyens ou que nous figons sur place. Avez-vous peur des espaces clos ou des grands espaces, de la noirceur, des araignées, des serpents, des souris, des ponts, des voyages en avion, du tonnerre, des hauteurs, des maladies, des aiguilles, de prononcer un discours en public? Vos peurs manquent-elles de réalisme? Sont-elles disproportionnées? L’émotion prend-elle toute la place au détriment du bon sens, sans raison apparente? Si un phénomène provoque une angoisse hors de proportion chez vous, de la panique, des comportements d’évitement ou de réassurance, si vous élaborez toutes sortes de stratagèmes pour éviter la situation qui provoque une peur irraisonnée, alors peut-être êtes-vous phobique, victime d’une phobie bien camouflée qui vous amène à de multiples pratiques d’évitement des situations qui vous font peur. Portrait général du phobique Le phobique présente plusieurs inhibitions: il est indécis, inquiet, nerveux et souvent timide. Il est en alerte. Il veut constamment se rassurer. Il se sent souvent médiocre, démontre une faible estime de lui- même contrairement aux compliments qu’il reçoit affirmant le contraire. Il est le plus souvent perfectionniste, jusqu’à la manie même. Il préfère souvent faire prendre la décision par quelqu’un d’autre quitte à demeurer sous la protection d’une personne. Cette indécision peut prendre la forme d’une difficulté à s’orienter dans l’espace. Toutes ces attitudes ont en commun une fuite ou une rigidité devant l’angoisse. Des sentiments enfouis s’expriment parfois chez le phobique sous la forme d'une peur intense et en apparence irrationnelle des lieux clos ou élevés, des chats, des orages, ou de quelque autre parmi la quasi-infinité des objets possibles de phobie, l'objet choisi ayant un rapport direct ou indirect avec l'un des événements qui est à la base du déclenchement. La phobie peut entraîner de la régression, c’est-à-dire que la personne qui en est affectée se comporte à l’endroit de l’objet ou de la situation redoutée comme l’enfant sans ressources qui demande de l’aide. Demander de l’aide nous ramène à l’époque enfantine où nous étions dépendants de nos parents et où nos attentes, parfois trop longues et souvent sans réponse nous angoissaient. L’aspect thérapeutique de l’hypnose La phobie constitue un handicap qui peut s’avérer extrêmement pénalisant pour la personne dans son travail : ex. la personne qui doit faire des détours pour se rendre à son travail pour éviter un pont ou un tunnel, dans ses loisirs ; la personne qui refuse de se promener à l’extérieur l’été pour éviter les insectes et combien d’autres exemples de vies gâchées. L’hypnose peut aider les personnes aux prises avec une phobie. Au départ des rencontres, un spécialiste hypnologue met en marche un protocole, une sorte d’alliance thérapeutique. La volonté de se débarrasser de la phobie ainsi qu’une confiance minimale envers le thérapeute sont essentielles au suivi. La personne est accompagnée dans sa recherche intérieure sur ce problème enfoui dans son inconscient depuis des années. La méthode aide à accéder à des réalités qui sont masquées ou déformées par le mental qui agit comme un système de défense comme un protecteur, non pas comme un ennemi. Il s’agit d’en faire à nouveau son allié dans la réalité. La personne élimine les programmations à l’origine de sa phobie pour que le potentiel refoulé puisse à nouveau s’exprimer. Le mental abandonne avec joie une défense devenue inutile. Hypnose ou Autohypnose ? Il faut comprendre qu’avec la technique de l’hypnose il s’agit toujours en fin de compte d’autohypnose. C’est la personne qui créé elle-même, par sa concentration et son degré d’abandon, la qualité de la transe hypnotique. L’hypnologue est un opérateur, un accompagnateur, un guide, un gage de sécurité. Ce ne sont pas ses pouvoirs personnels dont il s’agit mais de coacher la personne pour l’aider à développer ce pouvoir chez elle-même. C’est la personne qui au fond possède ce pouvoir, ce trésor, mais ne sachant pas l’utiliser à un tel point qu’elle en nie parfois même l’existence. Tout d’abord par la détente, l’hypnose réussit à faire diminuer l’angoisse en l’inhibant par la relaxation musculaire, vasculaire et cardiaque. Il s’agit d’un état modifié de conscience qui permet à la personne de s’intérioriser, de se confronter avec la cause de sa phobie enfouie dans l’inconscient ainsi que l’émotion qu’elle suscite. Cet état d’hypnose provoque un changement du niveau de la conscience et favorise la transformation du comportement du phobique vers un mieux-être. Rôle de la suggestion La suggestion joue un grand rôle. Pour être efficace elle doit s’adresser aux bonnes instances et présenter à la personne une logique suffisante pour lui faire abandonner l’intérêt premier de la phobie. Contrairement à la croyance populaire, oui, il y a un intérêt dont on tire profit derrière chaque phobie car la peur en soi n’est qu’ignorance ou inconscience. La phobie est souvent le résultat d’une ou de plusieurs peurs enfantines non adressées par les parents et qui ont l’air tellement réelles qu’elles trompent même un adulte. L’hypnose utilisée pour le traitement comporte des commandes et des représentations dirigées. La personne est appelée à devenir pro-active par rapport à son processus de guérison. Elle peut prendre le pouls de sa vie affective, passer à travers ses mécanismes de défense afin de faire face aux causes de sa situation phobique et aux émotions qu’elle déclenche d’une façon suffisante pour que l’angoisse se modifie et que la phobie se résorbe. L’hypnose permet de comprendre et de rétablir un juste équilibre entre raison et émotions. Elle permet à la personne, par la régression, d’apprivoiser ses peurs ou de s’apprivoiser elle- même, de comprendre comment certains comportements émotionnels influent sur sa vie, de guérir par une meilleure compréhension de son être intérieur. Désensibilisation Voilà de quoi il s’agit pour les gens aux prises avec un problème de phobie. L’hypnose facilite la désensibilisation. Une personne se désensibilise en quelques rencontres mais il n’y a pas de formule magique. La désensibilisation s’effectue plus lentement parfois mais d’une façon finale qui termine définitivement les désagréments de la phobie au quotidien. |